Covid-19, trois recommandations pour éviter la dénutrition aux malades

Les malades atteints de Covid-19 courent un risque de dénutrition. A cause de la maladie elle-même et des contraintes liées à l’hospitalisation. Le Collectif de Lutte contre la dénutrition propose trois recommandations nutritionnelles pour éviter la dénutrition.

La dénutrition est un état pathologique se caractérisant par un déséquilibre de la balance énergétique. C’est-à-dire une insuffisance des apports au regard de nos besoins nutritionnels. Les patients atteints de dénutrition souffrent d’une déficience immunitaire aiguë qui peut conduire à de nouvelles infections, à d’autres complications et jusqu’à la mort.

Actuellement, les malades atteints de COVID-19 et hospitalisés courent un risque élevé de dénutrition. 

À titre d’exemple, en sortie d’une hospitalisation de plusieurs semaines avec passage en réanimation, un patient peut perdre jusqu’à une quinzaine de kilogrammes. La perte de masse musculaire est majeure.

Le Collectif de lutte contre la dénutrition souhaite apporter des éclairages utiles aux soignants et à tous les citoyens afin de les aider à éviter la dénutrition liée au Covid-19. 

Le Collectif recommande d’adapter l’alimentation à trois stades de la contagion. 

Préventivement : Garder un poids stable

Préventivement, les publics à risques doivent adopter une alimentation suffisamment riche et équilibrée. 

Selon le professeur Éric Fontaine, nutritionniste au CHU de Grenoble et président du Collectif de lutte contre la dénutrition : « Notre corps est plus apte à absorber l’infection s’il est bien nourri. Ce n’est donc pas le moment de faire un régime ni de se restreindre. L’objectif est de garder un poids stable. » 

Lisez l’interview complète du professeur Fontaine : Coronavirus et nutrition.

Au stade actif : Limiter la perte de poids

Au stade actif de la maladie, les malades doivent bénéficier d’une alimentation hyperénergétique et hyperprotéinée, par enrichissement des repas et administration de compléments nutritionnels oraux. 

La professeure Agathe Raynaud-Simon, cheffe du département de gériatrie à l’hôpital Bichat et co-fondatrice du Collectif de lutte contre la dénutrition explique : « Les troubles respiratoires et l’oxygénothérapie rendent difficile la prise des repas. L’anorexie liée à l’infection est majeure. Les apports protéiques sont effondrés. À la phase très aiguë de l’infection, il est difficile d’intervenir efficacement sur l’alimentation. L’objectif est de limiter la perte de poids » .  

Convalescence : reprendre de la fonction musculaire

En convalescence, tous les patients sortants d’hospitalisation des suites d’un Covid-19 devraient bénéficier d’un suivi nutritionnel auprès d’un diététicien ou d’une diététicienne. 

La professeure Agathe Raynaud-Simon explique : « La prise en charge nutritionnelle est indispensable dès les premiers signes d’amélioration, pour accompagner la convalescence. Au mieux, cette prise en charge nutritionnelle riche en protéines et en énergie est réalisée par une diététicienne (par téléphone en période de confinement), associée à une prescription médicale de compléments nutritionnels oraux, pendant qu’on encourage le malade convalescent à reprendre les actes de la vie courante et une activité physique adaptée aux capacités de chacun. L’objectif est de reprendre de la fonction musculaire.» 

Références

Notre publication fait écho aux “réponses rapides dans le cadre du Covid-19” mises en ligne par la Haute Autorité de Santé le 17 avril 2020.

« Le COVID-19 est un critère étiologique de dénutrition et s’accompagne d’inappétence sévère, de difficulté à s’alimenter en cas de dyspnée / polypnée, de fonte musculaire majeure (anorexie, inflammation, immobilisation).

La dénutrition doit être si possible prévenue, sinon dépistée et prise en charge précocement.

Les critères phénotypiques de dénutrition sont l’IMC et la perte de poids.

La prise en charge consiste en une alimentation hyperénergétique et hyperprotidique par enrichissement des repas et compléments nutritionnels oraux. »

Dénutrition chez le patient Covid-19
Réponse rapide n°6 de la HAS

La SFNCM a également publié des recommandations sur son site.

Nous sommes bien conscients du fait que la mise en œuvre pratique de ces avis sera illusoire à l’hôpital dans les périodes de débordement en première ligne.

Nous vous proposons alors un geste simple : tout patient Covid-19+ hors réanimation qui ne peut être alimenté, doit recevoir au moins 3 compléments nutritionnels oraux par jour, tant qu’il n’y a pas limitation de soins.

SFNCM
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